Vit et travaille à Bruxelles
J’aime ce rapport de ramener à l’intérieur ce qui a été jeté dehors. Ces matériaux ont des cycles. Ils portent les traces de ce qu’ils ont soutenu, ou la corrosion qu’il ont subi. Leur nouvelle vie s’invente dans l’atelier, dans l’écart entre leur fonction première et leur potentiel sculptural.
Je donne forme à des équilibres fragiles. Ce qui, habituellement, est invisible ou enfoui dans la structure, les supports, les renforts, les erreurs, les saillies, devient ici visible, apparent et mis en tension. Mes sculptures révèlent la colonne vertébrale des murs, les éléments cachées, où des points d’ancrages.
Mes sculptures sont vocabulaires de construction, une architecture recomposée à partir d’écarts, de manques, d’erreurs, de fragments. Je m’intéresse aux gestes techniques du bâtiment : percer, enrober, ancrer, assembler, que je détourne en gestes sculpturaux. Chaque pièce se tient dans un entre-deux : entre solidité et faille, entre souplesse et fragilité.
Tout en utilisant des gestes simples : plier, tordre, enrouler, je laisse une trace de la manipulation, une souplesse dans les matériaux sculpturaux à partir des matériaux de construction, en figeant un mouvement, en enlevant la fonction, et en la rigidifiant. Une délicatesse se crée dans la matière. Les lignes se déploient, rejouent et recréent un nouvel espace. Entre abstraction et construction mes sculptures se dessinent dans l’espace. Les matériaux jaillissent et les formes s’entremêlent.
En introduisant une picturalité dans la matière sculpturale. L’oxydation devient couleur, l’usure devient motif. Je m’interroge sur la manière de construire tout en explorant la relation au lieu, la friction des matériaux et la vibration qu’émet l’association des matières.